Suchen Sie nach über 100 Millionen verkauften Objekten in unserer Datenbank

Figure de reliquaire byeri, Fang Mvaï, Vallée du Ntem
Verkauft

Über das Objekt

Figure de reliquaire byeri, Fang Mvaï, Vallée du Ntem, Gabon, Figure de reliquaire byeri, Fang Mvaï, Vallée du Ntem\nHaut. 53 cm\n21 in
FR
FR
FR

notes

Exceptionnelle figure de reliquaire masculine, Fang Mvaï, Vallée du Ntem, Nord du Gabon

En 1934, Pierre Guerre épouse Gisèle Salvetat (1912-1996), également avocate au Barreau de Marseille. Gisèle est adolescente lorsqu'elle habite un temps avec sa tante Marie Marion et ses deux jeunes cousines. Georges Marion avait quitté Toulon pour tenter l'aventure africaine. Selon la mémoire familiale, dans l'une des dernières lettres adressées à sa femme, Marion écrit ne pas avoir trouvé l'or espéré, mais un « trésor qui un jour sera beaucoup plus précieux que l'or ». Lorsque son corps est rapatrié à Marseille, la malle qui l'accompagne conserve précieusement cette statue Fang Mvaï - trésor de « l'art Pahouin » -, avec lequel Gisèle vivra, et que Pierre va finalement acquérir au début des années 1970 auprès de la famille Marion expatriée au Canada.

Les Fang Mvaï

Cette majestueuse effigie d'ancêtre  eyema byeri des Fang du Nord-Gabon relève du style développé de façon séculaire par un petit groupe, celui des Mvaï de la vallée du Ntem. Il faut d'abord se rendre compte que sur le demi-million de « Fang »  de l'aire Nord-Gabon/ Rio Muni (Guinée Equatoriale)/Sud-Cameroun, comprenant les groupes Ntumu, Betsi, Mekè, Nzaman, Fang, Okak et Mvaï, la communauté des Mvaï (appelés également Mvae, ou Mvèny) ne représente que moins de 5 000 personnes, soit environ 1 % de l'ensemble. Les villages Mvaï sont localisés le long de la moyenne et de la haute vallée du Ntem, un petit fleuve côtier qui constitue la frontière septentrionale tant du Rio Muni que du Gabon avec le Sud-Cameroun voisin, entre les localités de Ebebeyin, Assok et surtout Minvoul.

Un des premiers observateurs à mentionner les Mvaï fut Günter Tessmann, auteur de la remarquable monographie ethnographique « Die Pangwe » publiée à Berlin en 1913. Tessmann s'était installé au cœur du Rio Muni espagnol en 1907, après y avoir mené des reconnaissances depuis le Kamerun allemand dès 1904. Très soucieux de détail et d'identifications précises, tant dans le domaine des sciences naturalistes que dans celui de l'ethnographie, le jeune explorateur allemand identifia notamment les sous-groupes Ntum  (Ntumu) du Sud-Kamerun, Fang (Okak) du Rio Muni et Mwaï  du Nord-Gabon voisin. C'est ainsi que dans une illustration de son ouvrage « Die Pangwe », 1913 (vol. II, Abb. 44, p. 119) montrant un panorama de la sculpture liée au culte des ancêtres, il prend soin de différencier les figures de ces trois groupes dont deux sculptures des « Mwai ».

Un peu plus tard, en 1908, une expédition de délimitation de frontière entre les colonies du Gabon (dépendant du Congo français) et du Cameroun (Sud-Kamerun allemand), menée par le Capitaine Cottes, parcourut toute la région du Haut-Ntem. A cette occasion de nombreuses photographies furent réalisées, aujourd'hui conservées dans les archives du musée du quai Branly. On y voit notamment des portraits de guerriers Fang Mvaï arborant des coiffes à trois crêtes, de différents types, certaines avec un couvre-nuque, celles-là mêmes que les sculpteurs ont représentées sur les effigies biyema byeri.

Les « Maîtres du Ntem »

La sculpture sur bois, chez les Fang, n'était ni exclusive (chaque homme étant avant tout un chasseur et un guerrier) ni constitutive d'un « état » (comme celui de forgeron par exemple, le « maître du feu et du fer »). Toutefois, quelques sculpteurs (mba) parmi les plus doués, s'étant révélés comme de véritables « artistes », finissaient par être « reconnus » des alentours, au point d'être dès lors sollicités, non pas seulement dans leur propre village, mais aussi dans toute leur sphère communautaire (ntumu, betsi, mvaï).

A l'occasion d'une étude détaillée de la statuaire des Fang (Perrois, 1972 et 2006), menée tant dans les collections et les musées que sur le terrain, j'ai été conduit à déterminer un certain nombre de variantes et styles particuliers à partir de critères morphologiques, mais aussi fonctionnels et historiques. Le style des Fang Mvaï, qu'on peut rattacher aux expressions des Fang du sud (Nord-Gabon), est l'un des plus aboutis et des plus impressionnants au plan de la facture. Au point qu'on peut évoquer à cet égard le talent exceptionnel des « Maîtres du Ntem », à savoir quelques sculpteurs particulièrement doués, mais malheureusement oubliés des mémoires contemporaines, ayant produit des chefs-d'œuvre dont quelques-uns, comme ici, sont les fleurons de l'art fang.

Une triade exceptionnelle

Trois chefs-d'œuvre des Fang Mvaï, outre une parfaite adéquation aux caractéristiques du style et une facture exceptionnelle, présentent une étonnante ressemblance : ce sont les biyema byeri du Dallas Museum of Art (ref. Inv. 2000.3.McD - McDermott Art Fund, ancienne collection Marc et Denyse Ginzberg, 54 cm), du Seattle Art Museum (ref. Inv. 81.17.783 – ancienne collection Katherine White, 51 cm) et enfin de la collection Léonce-Pierre Guerre de Marseille (acquisition 1972, 53 cm). Ces trois objets ont été façonnés au XIXè siècle.

Les sculptures Guerre, Ginzberg (Dallas) et White (Seattle) sont très probablement de la même main, tant les similitudes formelles sont nettes, y compris dans les détails de sculpture, au point que la description analytique de l'une s'applique parfaitement aux deux autres. Notons en particulier la coiffe à crêtes bien entendu, mais aussi les yeux avec les pupilles en perle de verre, la bouche lippue aux dents en pointe, les épaules arrondies semblant s'accrocher à l'ensemble par les volumes jumeaux des pectoraux, les mains aux doigts stylisés en « éventail » maintenant une sorte de gobelet cylindrique (probablement un réceptacle à offrandes, évegha), ainsi que la finition exceptionnelle des surfaces remarquablement polies et patinées, d'une belle couleur brun foncé selon la « manière » Mvaï.

Au revers, le dos est gravé d'un long triangle s'étirant de la nuque aux fesses, motif décoratif récurrent chez les Fang. Sur l'abdomen, un même motif rectangulaire scarifié, décoré de stries obliques ou en croisillons, se retrouve sur les trois œuvres - probablement une marque d'identification lignagère.

Voilà des œuvres d'un très grand artiste Fang, un des grands Maîtres du Ntem.

Une morphologie hautement symbolique

Installée sur le rebord des coffres-reliquaires nsekh byeri, la statue avait une fonction de gardien des reliques lignagères. L'eyema byeri était conçu pour impressionner tous ceux qui pouvaient l'apercevoir et surtout faire peur aux éventuels profanateurs. Le Fang Mvaï de la collection Guerre porte à son paroxysme l'impression de force et d'intériorité des témoins les plus aboutis de l'art Fang.

Le torse massif, plus large que profond et de section quasi ovale, indique l'importance de la vue frontale en terme de fonctionnalité rituelle. Cette « déformation » de la réalité, accentuée ici de profil par le décalage du tronc vers l'avant, répond dans les arts du Gabon à une volonté démonstrative où le sens de la représentation prime sur une quelconque adéquation visuelle au réel. L'effigie, qui n'est jamais un portrait, constitue un message codé dans lequel les formes et les décors sont avant tout signifiants, avant d'être une image.

Le cou puissant, sur lequel on distingue ici le relief longitudinal de la pomme d'Adam (signe discret de virilité), est en continuité de l'imposante partie ventrale, dont le nombril très proéminent est sculpté en quart de sphère, rappelant la hernie ombilicale (ékukh-e-dol) assez commune des jeunes enfants. Selon certains analystes (cf. Lucien Stéphan, in « L'art africain », Mazenod, 1988, p. 112, « Le païdomorphisme et les proportions différentielles »), l'ancêtre serait ainsi représenté à la fois comme un homme accompli (pleinement sexué, les masses musculaires hypertrophiées, et portant des attributs de notabilité d'adulte, notamment la coiffe), mais ayant conservé des attributs de la prime enfance : proportions raccourcies des différents éléments du corps, tête et ventre volumineux, et nombril en boule. La statue d'ancêtre montrerait ainsi, dans une même « image » complexe (eyema), par quelques détails apparemment décalés de la réalité visuelle mais hautement chargés de sens et en phase avec les croyances traditionnelles du groupe, le rôle que les défunts de la famille jouaient dans la continuité du cycle de la vie, de la naissance à la mort, et par delà celle-ci, dans la perpétuation des générations.

Un port de tête empreint de noblesse et de sérénité

C'est bien sûr la tête et la haute coiffe à crêtes qui donnent à l'effigie Guerre, comme à ses alter ego de Dallas et Seattle, toute sa noblesse à la statue, celle qui, parfaitement rendue par une main de génie, ne pouvait qu'inspirer respect et crainte salutaire, propices aux rites auxquels elle présidait.

La tête de volume piriforme, proportionnellement très importante par rapport à la stature du personnage, est partagée entre le vaste front arrondi, de surface parfaitement polie, et la face triangulaire en léger creux étirée vers une zone buccale prognathe (la célèbre « moue » fang). Du point de vue de la composition, on remarquera de profil l'articulation subtilement inversée des courbes du front et de la face, et le positionnement en oblique de la coiffe, les crêtes retombant en couvre-nuque sur le haut du cou. De part et d'autre du nez (dont l'extrémité est brisée, conférant à cet ancêtre une allure de Sphinx), de grands yeux aux paupières lourdes, en « grain de café », finement fendues (traces de fixation de petites perles de verre pour figurer les pupilles, comme sur les autres spécimens de Dallas et Seattle), remplissent entièrement des orbites arrondies. La bouche, aux lèvres charnues et aux dents effilées en pointe, traitées par gravure, est arquée en une moue désabusée, celle d'un sage déjà arrivé à l'état d'ancêtre.

Appuyée en haut du front sur un bandeau à stries multiples - marqué d'une encoche dans l'axe de l'objet, ayant probablement permis la fixation d'une plumette rouge vif de perroquet (asè ko), signe de sacralité -, aux extrémités temporales en pompons, l'ample coiffe de type nlo-o-ñgo se déploie en majesté selon trois crêtes triangulaires, finement striées en oblique pour figurer des nattes. Il faut imaginer l'allure de l'effigie telle qu'elle devait être in situ au XIXè siècle, emplumée d'un volumineux bouquet de rémiges d'aigle ou de touraco, et ornée de colliers. Ce type de coiffure était connu chez les Mvaï  et semble-t-il spécifique de cette région (cf. les photographies de la mission Cottes 1908). Dans la réalité, la coiffe était réalisée à même la tête, fixée aux propres cheveux du porteur (homme ou femme), complétée par de la bourre végétale et des fibres, montée sur une fine armature de bambou et décorée de cauris, boutons de nacre et autres chaînettes. De part et d'autre de la coiffe, sous les pompons du bandeau frontal, des excroissances arrondies marquent les tempes, figurant peut-être des oreilles stylisées.

Les « Maîtres de la vallée du Ntem » semblent avoir cristallisé la quintessence de la « manière » Fang. Sculpté par l'un de leurs plus grands maîtres, le chef-d'œuvre de la collection Guerre porte à son paroxysme l'impression de force et de noblesse des témoins les plus aboutis de l'art Fang. En 1984, William Rubin le choisit pour illustrer, dans l'exposition Primitivism in 20th Century Art (MoMA, New York), le goût de Picasso et des artistes modernes pour les arts du Gabon, et en particulier pour la statuaire Fang, « plus rare et beaucoup plus recherchée » (Rubin, 1984 : 290), offrant ainsi la plus magistrale des réponses à l'intuition du Dr. Marion.

Commentaire de Louis Perrois, mars 2011

Fang Mvai byeri reliquary figure, Ntem Valley, Gabon

In 1934, Pierre Guerre married Gisèle Salvetat (1912-1996), also a lawyer at the bar of Marseilles. Gisèle was a teenager living at the time with her aunt Marie Marion and her two young cousins. George Marion had left Toulon in search of 'the African adventure'. According to family history, in one of his last letters to his wife, he wrote that although he had not discovered gold as he had hoped, he had found a 'treasure which will one day be more precious than gold.' The chest that accompanied his body when it was repatriated to Marseilles contained this carefully preserved Mvaï Fang statue, a treasure of 'Pahouin Art', with which Gisèle would live, and which Pierre would finally acquire in the early 1970's, when the Marion family moved to Canada.

Fang Mvai

This impressive statue, a representation of the ancestor eyema byeri from the Fang of North Gabon, exhibits the distinctive style developed by the Mvaï, a small and ancient group of the Ntem valley. One must first realize that of the half a million 'Fang' who live in the North Gabon/ Rio Muni (Equatorial Guinea) and South Cameroon region, comprising the Ntumu, Betsi, Mekè, Nzaman, Fang, Okak and Mvaï groups, the community of Mvaï (also called Mvae, or Mvèny) represents no more than 5000 people, about 1% of the total population. Mvaï villages are located along the middle and the upper regions of the Ntem valley. A small inshore river constitutes the northern border, just as the Rio Muni in Gabon forms a border with its neighbouring South Cameroon, between the villages of Ebebeyin, Assok, and in particular Minvoul.

One of the first observers to mention the Mvaï was Günter Tessmann, author of the remarkable ethnographic monograph 'Die Pangwe', published in Berlin in 1913. Tessmann had settled in the heart of Spanish Rio Muni in 1907, having conducted reconnaissance work in the German Kamerun from as early as 1904. Very conscious of the importance of detail and precise identification, both in the field of natural sciences and in ethnography, the young German explorer identified particular sub-groups within the Ntum (Ntumu) of South-Kamerun, and the Fang (Okak) of the Rio Muni and also the Mwaï of neighbouring North-Gabon. Thus, in an illustration for his work 'Die Pangwe', 1913 (vol. II, Abb. 44, p. 119) Tessmann shows a panorama of the sculpture relating to ancestor worship from this area, and he takes care to differentiate the figures from these three groups into two types of 'Mwaï' sculptures.

A little later on, in 1908, an expedition to demarcate the border between the colonies of Gabon (dependant on the French Congo) and the Cameroon (German South-Kamerun), led by Captain Cottes, travelled throughout the High-Ntem region. On this occasion a number of photographs were taken, and these are conserved in the archives of the musée du quai Branly. The collection includes portraits of notable Fang Mvaï warriors wearing headdresses of different types with three ridges; some with a neck guard identical to those represented in the sculptures of the biyema byeri effigies.

The 'Masters of Ntem'

Woodcarving, amongst the Fang, was neither an exclusive occupation (each man was first and foremost a hunter and a warrior) nor did it constitute a 'state' of being (the blacksmith for instance, was known as the 'master of fire and of iron'). However, some of the most gifted sculptors (mba), ended up being called true 'artists', and were 'recognized' as such throughout the surrounding area, to the extent that their work was solicited, not only in their own village, but also throughout the sphere of their community (ntumu, betsi, mvaï).

The detailed study of Fang statuary which I conducted (Perrois, 1972 and 2006) with as much research  from collections and museums as in the field, has led me to define a certain number of particular styles and variations within the corpus. These are defined by morphological criteria, but also as a result of  functional and historical considerations. The style of Mvaï Fang, which one can relate to the artistic corpus of the Southern Fang (North Gabon), is one of the most sophisticated and impressive in terms of the sheer craftsmanship. The exceptional talent of the 'Masters of Ntem' can be understood within this category. We know that there were some particularly skilled sculptors, but without the memories of contemporaries that are now forgotten, we cannot name the individuals who produced these masterpieces, some of which, as with this example here, are amongst the jewels of Fang art.

An exceptional trio

Three masterpieces of Mvaï Fang, which portray a perfect match of stylistic characteristics and exceptional craftsmanship, show a surprising similarity: an example at the Dallas Museum of Art (ref. Inv. 2000.3.McD - McDermott Art Fund, formerly in the collection of Marc and Denyse Ginzberg, 54 cm), the figure at the Seattle Art Museum (ref. Inv. 81.17.783 – formerly in the Katherine White collection, 51 cm) and finally this masterpiece from the collection of Léonce-Pierre Guerre of  Marseille (acquisition 1972, 53 cm). All three were carved in the 19th century.

The Guerre, Ginzberg (Dallas) and White (Seattle) sculptures were most probably carved by the same hand. The formal similarities are so clear, even in the details of the sculpting, that the analytical description of one applies perfectly to the other two. Note in particular the obvious similarity in the ridges of the headdress, but also in the eyes with glass beads for pupils, in the thick lipped mouth, the pointed teeth, and the rounded shoulders seeming to hang together as a whole by the equal volumes of the pectorals; the hands with stylized 'fan' fingers holding some sort of cylindrical cup (probably a receptacle for offerings, évegha), as well as the exceptional surface finish and the remarkably polished patina of a beautiful dark brown, in keeping with the Mvaï 'manner.'

On the reverse, the back is engraved with a long triangle stretching from the neck to the buttocks, a recurring decorative motif amongst the Fang. On the abdomen, the same raised pattern of scarification is present, decorated with slanting or in lattice grooves, found in all three works of art – probably a mark of lineage identification.

They are the works of a very important Fang artist, one of the great Masters of Ntem.

A highly symbolic morphology

 Mounted on the edge of a reliquary-box (nsekh byeri), the statue would have originally functioned as a guardian of the lineage relics. The eyema byeri was designed to impress all who saw it, and above all to frighten off any potential defilers. The Mvaï Fang of the Guerre collection is the ultimate expression of the power and inner control that exists in only the most sophisticated examples of Fang art.

The massive torso, much wider than it is deep, and almost oval in cross section, indicates the importance of the front view in terms of its ritualistic function. This 'distortion' of reality, accentuated here by the shift in profile caused by the forward movement of the main trunk of the body, corresponds, in the arts of Gabon, to a desire for the meaning of the representation to prevail over any concerns for realism. The effigy, which is never a likeness, thus constitutes a coded message in which the forms and the motifs are of primary significance, above and beyond the representation itself.

The powerful neck, which is distinguished by a raised longitudinal Adam's apple (a discreet symbol of virility), is a continuation of the imposing central column, whose very prominent navel is sculpted in a quarter sphere, which recalls the umbilical cord (ékukh-e-dol), fairly common in young children. According to certain critics (cf. Lucien Stéphan, in 'L'art africain', Mazenod, 1988, p. 112, 'Le païdomorphisme et les proportions différentielles'), the ancestor was represented both as an accomplished man (fully sexualized, with strong hypertrophied muscles, and bearing the attributes of a noble adult, displayed particularly in the headdress) and retained the attributes of early childhood: the shortened proportions for the different elements of the body, the voluminous head and belly with the rounded navel. This statue of an ancestor displays, in a single complex 'image' (eyema), by means of a few details apparently shifted from visual reality (but highly charged with a defined meaning and consistent with the traditional beliefs of the group) the role that the deceased members of the family play in the continuation of the circle of life, from birth to death, and beyond it, in the perpetuation of the generations.

The carriage of the head is imbued with nobleness and serenity

It is certainly the head, with the high ridges of the headdress, which gives the Guerre figure an unequivocal nobility; present here in a statue which is perfectly rendered by the hand of a genius, and fashioned to inspire respect and a healthy fear in those who looked upon it, conducive to the rites over which it presided.

The head, pyriform in volume, is very large in proportion to the figure; its weight is split between the broad and rounded brow, which has a perfectly polished surface, and the slightly triangular face, elongated towards the low area of the prognathic mouth (displaying the famous Fang 'pout'). From the point of view of composition: the articulation of the profile which delicately inverts the curves of the forehead and the face, and also the angular positioning of the headdress, with the ridges falling down the curved nape of the neck, should be noted. On both sides of the nose (whose end is broken, giving this ancestor an appearance of the Sphinx) the large heavy lidded eyes are finely split in a 'coffee bean' shape and these complement the fully rounded orbits (traces of mounting for small glass beads to symbolize pupils are present, as in the Dallas and Seattle specimens). The mouth with full lips and teeth tapered to a point, expressed through etching, is arched into a wry grimace, that of a sage who has already reached the status of an ancestor.

Pushed up to the top of the front, on a banner of multiple streaks, marked with a notch in the shaft of the object, which probably allowed for the fixation of a brilliant red parrot's feather (asè ko) - a sign of holiness –at the temporal tips of the tassels, the ample nlo-o-ñgo headdress unfolds majestically along the three triangular ridges, finely striated in angles to include the matting. One must imagine the allure of the effigy when it was in situ in the 19th century, displaying a large feathered bunch of eagle or toucan plumes, and also adorned with several necklaces. This type of headdress was known among the Mvaï, and it seems specific to this region. ( cf. the photographs of the Cottes mission 1908). In reality, the headdress was created on the head itself, and it was attached to the wearer's own hair (male or female), completed with vegetable stuffing and fibres which were mounted on a thin frame of bamboo and decorated with cowrie shells, mother of pearl buttons, and other small chains. On both sides of the headdress, under the tassels of the headband, rounded protuberances mark the temples, portraying perhaps, stylized ears.

The 'Masters of the Ntem Valley' seem to have crystallized the quintessence of the Fang 'manner' in their work. Sculpted by one of their greatest artists, the masterpiece of the Guerre collection displays the ultimate expression of force and nobility that is present in only the most accomplished examples of Fang art. In the 1984 exhibition Primitivism in 20th Century Art (MoMA, New York) William Rubin chose to illustrate the taste of Picasso and the modern artists for the art of Gabon, and in particular for the statuary of the Fang, by describing it as 'the most rare and most sought after' of artworks (Rubin, 1984: 290), thus providing the most brilliant response to the intuition of Dr. Marion.

Commentary Louis Perrois, March 2011 

exhibited

Expositions :

Museum of Modern Art (MoMA), New York, "Primivism" in 20th Century Art - Affinity of the Tribal and the Modern, 27 septembre 1984 - 15 janvier 1985

Musée d'Arts Africains, Océaniens, Amérindiens, Centre de la Vieille Charité, Marseille, Pierre Guerre, un érudit en son temps, 20 mars - 31 mai 1992

Musée d'Arts Africains, Océaniens, Amérindiens, Centre de la Vieille Charité, Marseille, Byeri Fang, 6 juin - 6 septembre 1992

South African National Gallery, Cape Town, Art africain dans la collection Pierre Guerre, 1997

Literature

dimensions

Haut. 53 cm

literature

Publications :

Lehuard, "La collection Léonce-Pierre Guerre" in Arts d'Afrique Noire, n° 13, Printemps 1975 : 8, n°9

Perrois, Arts du Gabon. Les arts plastiques du bassin de l'Ogooué, 1979, n° 80

Rubin, "Primivism" in 20th Century Art - Affinity of the Tribal and the Modern, 1984 : 293

Perrois, Byeri Fang, 1992 : 215 et couverture

M.A.A.O.A., Pierre Guerre, un érudit en son temps, 1992 : 95, n° 33

A.F.A.A., Art Africain dans la collection Pierre Guerre, 1997 : 106, n° 46

Grunne (de), Mains de maîtres. A la découverte des sculpteurs d'Afrique, 2001 : 123, fig. 12

Perrois, Fang, 2006, n° 22

provenance

Collectée in situ par Georges Marion (ca. 1880- ca.1925)

Transmise par descendance familiale

Collection Marion, Canada

Collection Léonce & Pierre Guerre, Marseille, n° 113, acquise en 1972

Collection Alain et Christine Vidal-Naquet, Marseille


*Beachten Sie, dass der Preis nicht auf den aktuellen Wert umgerechnet wird, sondern sich auf den tatsächlichen Endpreis zum Zeitpunkt des Verkaufs des Objekts bezieht.

*Beachten Sie, dass der Preis nicht auf den aktuellen Wert umgerechnet wird, sondern sich auf den tatsächlichen Endpreis zum Zeitpunkt des Verkaufs des Objekts bezieht.


Verkaufte Objekte

Fang-betsi reliquary head, gabon
Verkauft

Fang-betsi reliquary head, gabon

Erzielter Preis
2,902,326 EUR

TÊTE
Verkauft

TÊTE

Erzielter Preis
2,634,800 EUR

TÊTE
Verkauft

TÊTE

Erzielter Preis
2,578,350 EUR

Bamana Zigzag Figure, Mali
Verkauft

Bamana Zigzag Figure, Mali

Erzielter Preis
2,007,168 EUR

Figure de proue, Îles Centrales, Nouvelle-Géorgie
Verkauft